… quelle proche sensation de naufrage
me porte
à dériver sur tes eaux
et trouver le courage
de n’y pas venir boire …?
3.
… quale imminente sensazione di naufragio
mi porta
ad andare alla deriva sulle tue acque
e a trovare il coraggio
di non venirci a bere…?
15.
Eclaboussée par le désir
Infidèle à l’oubli
Furtive comme l’ombre
Te revoici toujours
- flammèche capricieuse
d’un mince brasier mourant
parmi la cendre tièd
15.
Infangata dal desiderio
Infedele all’oblio
Furtiva come l’ombra
Rieccoti sempre
- favilla capricciosa
di uno scarno braciere morente
fra la cenere tiepida
16.
Des pluies clandestines
mouilleront nos écorces
Nos larmes nos regards
s’inventeront des seuils pour la douleur de naître
Dans la poussière et dans l’ivraie
tu t’emploies à t’aimer
à verser sur mes yeux
du vin de nos ténèbre
16.
Piogge clandestine
bagneranno le nostre cortecce
Le nostre lacrime i nostri sguardi
inventeranno confini per il dolore di nascere
Nella polvere
nell’erba amara
t’impegni ad amarti
a versarmi sugli occhi
il vino delle nostre tenebre
38.
Il reste cependant quelques mots oubliés
comme une trouée dans l’épaisseur des pluies
et,
pour solde de tout compte,
la tendre caresse des larmes
38.
Restano comunque alcune parole dimenticate
come uno squarcio nelle piogge fitte
e,
a conti fatti,
la tenera carezza delle lacrime
43.
(… d’invisibles vendanges montent comme des sanglots
en silence fermentent
des vins aux saveurs de pluie
la terre demeure imperméable à nos passions …)
43.
(… invisibili vendemmie salgono come singhiozzi
in silenzio fermentano
vini dai sapori di pioggia
la terra giace impermeabile alle nostre passioni …)
50.
(… retour en ce lieu sans ombre
où l’air porte nos voix comme l’écho des orages
où le vent
se ramasse et se brise
au bord de mon vertige ...)
50.
(… ritorno in questo luogo senza ombra
in cui l’aria trasporta le voci come l’eco dei temporali
in cui il vento
si raccoglie e si spezza
al limitare della mia vertigine …)
53.
Il fallait franchir
les passes du silence
Monter les pirogues du temps
Naître à d’autres infinis
aux turbulences d’algues
Mais les récits s’érodent
Consumés par le sel
nos rires sont la proie du vent
53.
Occorreva superare
i passi del silenzio
Salire sulle piroghe del tempo
Nascere ad altri infiniti
al turbinare di alghe
Ma le storie si erodono
Consumate dal sale
le nostre risa sono preda del vento